Pourquoi les livres scolaires coûtent-ils si cher en Côte d’Ivoire ?

Chaque rentrée, la même scène se répète à Adjamé, à Treichville et devant les librairies du Plateau. Des parents comparent, calculent, renoncent parfois. Entre les fournitures, l'uniforme, l'inscription et les manuels, la facture atteint couramment plusieurs dizaines de milliers de francs par enfant. La question que tout le monde se pose : où va réellement cet argent ? Nous avons cherché la réponse là où elle est vérifiable, dans les comptes publiés d'un éditeur scolaire ivoirien coté en Bourse.

Ce que coûte réellement une rentrée

Commençons par le montant, avant de le décomposer.

Poste Ordre de grandeur Remarque
Inscription en ligne 6 000 F au public · 3 000 F au privé Rentrée 2026-2027
Fournitures, uniforme, contributions diverses 15 000 à 50 000 F Variable selon le niveau
Manuels achetés neufs environ 6 000 F l’unité Prix de détail moyen
Lot de 8 manuels acheté environ 48 000 F Collège, 6e et 5e
Lot de 8 manuels loué via BONAMAS 10 000 F Dispositif de prêt-location

Un besoin normatif de quatre à huit manuels par élève, à 6 000 francs l’unité, place le seul poste « livres » entre 24 000 et 48 000 francs. Dans un ménage de trois enfants scolarisés, on parle de plusieurs centaines de milliers de francs sur une même quinzaine de septembre.

C’est ce chiffre qui rend la question légitime. Un manuel de mathématiques de CE1 n’est pas un produit de luxe. Pourquoi coûte-t-il le prix d’un sac de riz de 25 kilos ?

Les six maillons du livre scolaire

Un manuel passe par six mains avant d’arriver dans le cartable. Voici, pour chacune, qui décide et qui garde quoi.

1. L’auteur

Ce sont le plus souvent des enseignants ivoiriens, des inspecteurs pédagogiques ou des équipes constituées autour d’un coordonnateur. Dans l’édition classique de langue française, les droits d’auteur représentent de l’ordre de 8 % du prix net, avec une fourchette allant de 6 % pour la jeunesse et les ouvrages pratiques à 12 % pour les signatures établies.

C’est le maillon le plus visible et le moins bien payé de la chaîne.

2. L’éditeur

Il conçoit, coordonne les auteurs, fait maquetter, corrige, et surtout fait agréer. En Côte d’Ivoire, cette dernière fonction est la seule qui compte vraiment, et nous y revenons plus bas.

Ses frais généraux représentent classiquement autour de 20 % du prix net dans l’édition francophone.

3. L’imprimeur

Papier, impression, façonnage : 10 à 15 % du prix net dans la structure de coûts classique.

C’est ici que l’on rencontre le premier fait surprenant du dossier ivoirien. Le premier éditeur du pays ne possède aucune imprimerie. Au 31 décembre 2025, l’ensemble de ses immobilisations corporelles nettes, terrains, bâtiments, mobilier et matériel compris, s’élève à 109 millions de francs. Moins que le prix d’une belle villa à Cocody. Son investissement annuel plafonne à 0,6 % de son chiffre d’affaires.

L’impression est sous-traitée, souvent hors du pays. Cela a une conséquence directe : la barrière à l’entrée du métier n’est pas industrielle. Un nouvel entrant accède aux mêmes imprimeurs. Le capital nécessaire est celui d’un fonds de roulement, pas celui d’une usine.

4. La distribution

Dans l’édition classique, diffusion et distribution absorbent 55 à 60 % du prix net, dont 30 à 40 points pour le libraire et 15 à 20 points pour le diffuseur-distributeur.

En Côte d’Ivoire, ce maillon est en partie court-circuité : quand l’État achète directement des lots de plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, il n’y a ni libraire ni diffuseur entre l’éditeur et l’élève.

5. La librairie

Elle ne subsiste que sur la part du marché qui échappe à la commande publique : le parascolaire, la littérature, les manuels achetés au détail par les familles du privé. Sur les marchés d’Adjamé ou de Treichville, les prix peuvent être jusqu’à 40 % inférieurs à ceux des grandes surfaces, ce qui donne la mesure du poids des coûts de structure dans le prix affiché.

6. Le parent

Il paie, mais il ne choisit pas. Le manuel de sa fille lui est prescrit par une circulaire ministérielle, et son prix est encadré par la politique de maîtrise du coût de la scolarité.

Ce que disent les comptes d’un vrai éditeur ivoirien

Les pourcentages ci-dessus sont ceux de l’édition francophone en général. Passons au réel : voici la décomposition, franc par franc, du chiffre d’affaires d’un éditeur scolaire ivoirien coté à la BRVM, sur l’exercice 2023, dernier exercice complet avant le décrochage.

Pour 100 F de livres vendus Montant
Coût d’achat des livres vendus (imprimeurs, fournisseurs, éditeurs partenaires) 53,8 F
Services extérieurs (loyers, transport, publicité, honoraires) 17,0 F
Charges de personnel 6,0 F
Autres achats et transports 1,4 F
Impôts et taxes 0,9 F
Solde des autres produits et charges +0,6 F
= Excédent brut d’exploitation 21,6 F
= Résultat d’exploitation 21,7 F
+ Résultat financier +1,5 F
− Éléments hors activités ordinaires −4,2 F
− Impôt sur le résultat −5,3 F
= Bénéfice net 13,7 F

Source : états financiers SYSCOHADA 2023, publiés à la BRVM. Calculs et arrondis de l’auteur ; le total peut différer d’un dixième.

Trois enseignements

Un peu plus de la moitié du prix part en achat. Pour 100 francs de livres vendus, 53,8 francs servent à les acquérir. Le taux de marge commerciale de l’entreprise tourne autour de 46 à 48 % sur les exercices normaux. Autrement dit : la moitié du prix d’un manuel rémunère sa fabrication et son approvisionnement, l’autre moitié rémunère la fonction éditoriale et commerciale.

Le salaire n’est pas le sujet. Six francs sur cent. Contrairement à une idée répandue, ce ne sont pas les charges de personnel qui font le prix du livre.

L’éditeur garde 13,7 francs sur 100. C’est une rentabilité confortable, mais très loin du fantasme d’une marge écrasante. Et ce chiffre correspond à une année où la commande publique était encore favorable.

Le vrai décideur n’est ni l’éditeur ni le libraire

Voici le point que l’article aurait pu manquer, et qui explique tout le reste.

Dans l’édition scolaire ivoirienne, l’État exerce simultanément quatre pouvoirs :

Pouvoir Qui l’exerce L’éditeur a-t-il son mot à dire ?
Fixer le programme et le référentiel MENAET / DPFC Non
Agréer un manuel et l’inscrire à la nomenclature MENAET Non
Commander et financer État, bailleurs, familles Non
Encadrer le prix payé par la famille Politique de maîtrise du coût de la scolarité Non

Un manuel doit figurer sur la liste nationale pour être utilisable en classe. Hors liste, il est interdit dans les établissements publics comme privés. L’agrément est l’unique porte d’entrée du marché : c’est un actif réglementaire, pas un actif commercial. Il ne s’achète pas, il ne se construit pas, et il peut être retiré par circulaire.

C’est pourquoi la question « pourquoi les livres coûtent-ils si cher » a une réponse contre-intuitive : le prix n’est pas fixé par celui qui vend le livre.

BONAMAS : quand l’État divise la facture par 4,8

Le dispositif le plus efficace mis en place ces dernières années est aussi le moins connu des parents qui n’ont pas d’enfant au collège.

La Bourse nationale du manuel scolaire (BONAMAS) est un système de prêt-location. Contre un forfait de 10 000 francs, l’élève reçoit un lot de huit manuels dans les disciplines essentielles : français, anglais, mathématiques, physique-chimie, sciences de la vie, histoire-géographie, éducation aux droits de l’homme et informatique. À l’achat, le même lot coûte environ 48 000 francs.

En fin d’année, les manuels sont rendus. En cas de perte ou de dégradation avancée, le remplacement est facturé 2 000 francs par ouvrage.

12/09/2022Lancement du projet BONAMAS.
05/05/2023Premier bilan à Yamoussoukro. Taux d’adhésion supérieur à 70 %, jusqu’à 100 % dans certaines zones.
04/09/2024Phase d’expansion : 120 000 élèves de 6e dans 744 établissements.
2024-2025Au moins 1 300 000 manuels distribués par ce canal.
2025-2026Extension à la 5e. 777 établissements, forfait maintenu à 10 000 F.

Un budget de 3,28 milliards de francs a été mobilisé pour le premier cycle du secondaire.

Le calcul que personne ne fait
  • Le forfait divise la dépense par élève et par cycle par 4,8.
  • Mais un manuel loué puis réutilisé quatre années consécutives ne génère qu’un seul acte d’achat pour quatre cohortes successives.
  • Excellent pour le pouvoir d’achat des familles ; mécaniquement déflationniste pour le chiffre d’affaires des éditeurs. C’est la même pièce, vue des deux côtés.

Pour un ménage, l’économie est immédiate et massive. Elle compte d’autant plus dans un pays où 91,6 % des emplois sont informels, donc sans revenu régulier pour absorber une dépense concentrée sur quinze jours de septembre.

Qui édite les manuels ivoiriens ? Une histoire d’État

Le paysage actuel est le produit direct de soixante-cinq ans de politique publique du livre.

1961L’État ivoirien crée le CEDA, société d’économie mixte avec des partenaires français, pour fournir les manuels du pays.
1972Création des Nouvelles Éditions africaines à l’initiative de Léopold Sédar Senghor, capital partagé entre le Sénégal, le Togo et la Côte d’Ivoire.
1988Dissolution des NEA. L’État ivoirien crée le BINEA.
1992Sur recommandation de la Banque mondiale, le BINEA est privatisé et devient les Nouvelles Éditions ivoiriennes. L’État conserve 20 %, Edicef (Hachette) entre à 29 %, Edipresse à 20 %.
2000Introduction à la BRVM.
2007Premier appel d’offres largement ouvert : EDILIS, Éburnie, PUCI, Frat Mat et Les Classiques ivoiriens soumissionnent.
2011-2012Fusion-absorption du CEDA par les NEI. Naissance de NEI-CEDA, premier éditeur du pays, catalogue de plus de 600 titres.
2015Le gouvernement autorise la cession au groupe Hachette Livre des parts détenues par l’État.
2026Hachette Livre indique contrôler environ 70 % de la société.

D’un duopole à une vingtaine de maisons

Pendant des décennies, deux acteurs se partageaient l’essentiel des marchés publics : le CEDA, associé à Hatier, et les NEI, liées à Hachette.

C’est la Banque mondiale qui a fait sauter ce verrou. Le bailleur ne finance pas de marchés de gré à gré : la procédure d’appel d’offres a donc été imposée comme condition de financement. Dès 2007, de nouveaux entrants ont soumissionné.

Aujourd’hui, l’écosystème compte une vingtaine de maisons ivoiriennes : Les Classiques Ivoiriens, créée en 2004, JD Editions, Vallesse Éditions, Éditions Éburnie, Frat Mat Éditions, Mouna, Massaya, Supernova, Tabala, EDILIS et les Presses universitaires de Côte d’Ivoire. Plusieurs d’entre elles remportent désormais des lots entiers de la nomenclature nationale.

Pourquoi les entrants gagnent-ils ? Trois raisons, et aucune n’est le hasard. L’impression étant sous-traitée par tout le monde, il n’y a pas d’avantage industriel. Les nouveaux référentiels expérimentés depuis 2025-2026 dévaluent les catalogues anciens et remettent les concurrents à égalité. Enfin, un appel d’offres sur un produit normé, dans un pays qui cherche explicitement à réduire le coût de la scolarité, sélectionne le soumissionnaire aux frais généraux les plus légers.

Le phénomène n’est pas propre à la Côte d’Ivoire. Au Sénégal, le directeur du Livre et de la Lecture estimait en 2025 que près de 90 % du marché du livre scolaire étaient remportés par des acteurs étrangers, « que rien n’exclut dans les procédures instaurées par la Banque mondiale ».

Trois circulaires qui changent tout depuis 2025

Entre la rentrée 2025-2026 et celle de 2026-2027, le ministère a modifié les trois paramètres qui déterminent le prix et le volume du livre scolaire.

La règle des quatre ans

La circulaire n°0318 impose que tout manuel agréé soit utilisé quatre années consécutives avant remplacement. Objectif affiché : stabilité pédagogique et maîtrise du coût de la scolarité.

Pour les familles, c’est une bonne nouvelle : le manuel de l’aîné servira au cadet. Pour les éditeurs, le cycle de renouvellement passe d’un rythme discrétionnaire à un rythme administré.

La nomenclature exclusive

Par circulaire n°2084/MENAET/CAB/DPFC du 3 juillet 2026, complétée par la circulaire modificative n°2485 du 13 août 2026, le ministère a publié la liste nationale des manuels retenus pour 2026-2027 et interdit tout ouvrage hors nomenclature dans les établissements publics comme privés.

La mesure répond à un abus réel, que tous les parents connaissent : la multiplication des ouvrages imposés pour une même matière, et l’instabilité des prescriptions d’une rentrée à l’autre.

Le prêt-location généralisé

L’extension de BONAMAS à de nouveaux niveaux poursuit la même logique.

Ce que ces trois mesures ont en commun
  • Elles vont toutes dans le sens de l’intérêt des familles : moins cher, plus stable, plus lisible.
  • Et elles réduisent toutes, simultanément et durablement, la taille du marché accessible aux éditeurs.
  • Le régulateur a explicitement pour objectif de faire baisser le prix payé par le parent. C’est une excellente politique publique, et c’est un environnement difficile pour les entreprises du secteur.

Le paradoxe que personne n’explique

Voici où l’histoire devient réellement intéressante.

La Côte d’Ivoire scolarise environ 9 millions d’élèves à la rentrée 2025-2026 : 5 millions au primaire, 3,5 millions au secondaire, 500 000 au préscolaire. Le pays doit construire 8 895 salles de classe et 277 collèges d’ici 2027. Le PIB croît de 6,2 % en 2026. La demande de manuels n’a jamais été aussi forte.

Et pourtant, le premier éditeur du pays a vu son chiffre d’affaires passer de 8 874 millions de francs en 2021 à 5 139 millions en 2025, une contraction de 42 % en quatre exercices, à un rythme moyen de 12,8 % par an, qui s’accélère : −5,1 % en 2023, −20,9 % en 2024, −23,8 % en 2025.

20218 874 M
20228 988 M
20238 525 M
20246 744 M
20255 139 M

Chiffre d’affaires, en millions de francs CFA. Sur la même période, la population scolaire ivoirienne a continué de croître.

En millions de F CFA 2021 2022 2023 2024 2025
Chiffre d’affaires 8 874 8 988 8 525 6 744 5 139
Marge commerciale 4 255 4 184 3 935 3 338 1 972
Résultat d’exploitation 1 788 1 795 1 850 603 1 213
Résultat net 980 1 212 1 167 −759 2 037

États financiers SYSCOHADA 2021-2025 publiés à la BRVM.

Rapporté à la population scolaire, cela donne l’indicateur le plus parlant de tout le dossier : la recette par élève tombe d’environ 1 000 francs en 2021 à 571 francs en 2025.

L’entreprise ne perd pas un marché qui rétrécit. Elle perd des parts sur un marché qui grandit. C’est une distinction essentielle, et elle vaut pour l’ensemble du secteur : la démographie scolaire ivoirienne est une opportunité pour ceux qui remportent les lots, pas pour ceux qui les perdent.

Alors, pourquoi les livres coûtent-ils si cher ?

Reprenons la question de départ, avec ce que nous savons maintenant.

Ce n’est pas la marge de l’éditeur. 13,7 francs de bénéfice net sur 100 francs de livres vendus, sur un bon exercice.

Ce n’est pas le salaire des équipes. 6 francs sur 100.

Ce n’est pas l’usine. Il n’y en a pas : 109 millions de francs d’immobilisations corporelles nettes chez le premier éditeur du pays.

C’est d’abord le coût d’acquisition du livre lui-même, papier, impression souvent hors du pays, transport et immobilisation de stock, soit un peu plus de la moitié du prix. Et c’est ensuite une question de volume. Un manuel tiré à un million d’exemplaires n’a pas le même coût unitaire qu’un manuel tiré à quelques milliers. C’est exactement pour cette raison que l’attribution des lots de la nomenclature décide de tout : elle ne décide pas seulement de qui vend, elle décide du prix auquel le livre peut être produit.

Le paradoxe final est là. Le manuel scolaire ivoirien est cher parce que le marché est fragmenté, et le marché se fragmente parce que l’État cherche à faire baisser le prix. Les deux mouvements sont réels, et ils se combattent.

Questions fréquentes

Combien coûte la rentrée scolaire en Côte d’Ivoire en 2026 ?

L’inscription en ligne coûte 6 000 F au public et 3 000 F au privé. Les fournitures, l’uniforme et les contributions diverses représentent 15 000 à 50 000 F selon le niveau. Les manuels s’ajoutent : environ 6 000 F par ouvrage acheté neuf, ou 10 000 F pour un lot de huit manuels loués via BONAMAS au collège.

Qu’est-ce que BONAMAS et comment ça marche ?

La Bourse nationale du manuel scolaire est un dispositif de prêt-location de l’État. L’élève s’inscrit en ligne, paie un forfait de 10 000 F et reçoit un lot de huit manuels à la rentrée. Les livres sont restitués en fin d’année. En cas de perte ou de dégradation, le remplacement coûte 2 000 F par ouvrage. Le dispositif couvre la 6e et la 5e à la rentrée 2025-2026, dans 777 établissements.

Qui décide des livres scolaires utilisés en classe ?

Le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (MENAET). Un manuel doit être inscrit sur la nomenclature nationale pour être utilisable. Depuis la circulaire n°2084 du 3 juillet 2026, tout ouvrage hors nomenclature est interdit dans les établissements publics comme privés.

Combien de temps un manuel scolaire doit-il être utilisé ?

Quatre années consécutives avant remplacement, en application de la circulaire n°0318 sur la durée d’utilisation des manuels agréés.

Qui sont les éditeurs de manuels scolaires en Côte d’Ivoire ?

Le marché comptait historiquement deux acteurs dominants, le CEDA et les NEI, fusionnés en 2011-2012 sous le nom de NEI-CEDA. Depuis l’ouverture à la concurrence en 2007, une vingtaine de maisons ivoiriennes sont actives, parmi lesquelles Les Classiques Ivoiriens, JD Editions, Vallesse, Éburnie, Frat Mat Éditions, Mouna, Massaya, Supernova et Tabala.

Qui possède NEI-CEDA ?

Le groupe français Hachette Livre indique contrôler environ 70 % de la société, via Education Management (42 %) et Hachette Livre International (29 %). Le flottant coté à la BRVM représente 18 % du capital. NEI-CEDA est cotée sous le code NEIC depuis 2000.

Les éditeurs scolaires gagnent-ils beaucoup d’argent ?

Sur un exercice favorable, l’éditeur conserve environ 13,7 francs de bénéfice net pour 100 francs de livres vendus. C’est une rentabilité correcte, mais elle dépend entièrement de l’obtention des lots publics : le premier éditeur du pays a vu son chiffre d’affaires reculer de 42 % entre 2021 et 2025.

Où acheter les fournitures scolaires au meilleur prix à Abidjan ?

Les marchés de gros, notamment Adjamé et Treichville, pratiquent des prix pouvant être jusqu’à 40 % inférieurs à ceux des grandes surfaces, grâce à l’achat en gros et à l’absence de coûts de structure liés à la distribution moderne.

Poursuivre l’analyse

Cet article explique comment se forme le prix d’un manuel scolaire ivoirien. Il ne dit pas ce que vaut l’entreprise qui les édite.

C’est l’objet de notre note de recherche sur NEI-CEDA (NEIC), construite à partir des états financiers SYSCOHADA 2021-2025 certifiés et du rapport du premier trimestre 2026, avec trente-huit contrôles arithmétiques recalculant chaque solde publié.

Elle traite trois questions que le communiqué annuel n’aborde pas. Le bénéfice de 2 037 millions affiché en 2025 est-il un bénéfice d’exploitation ? Une charge de 1 179 341 097 francs passée en 2024 réapparaît en produit en 2025, au franc près, sans que les états publiés n’en précisent la nature. Le dividende de 159,54 francs par action est-il reproductible ? L’assemblée générale a distribué l’intégralité du résultat, reprise comprise. Et que vaut une société sans dette assise sur 4,2 milliards de trésorerie, dont l’activité recule de 12,8 % par an ?

La note documente également le tournant réglementaire de 2025-2026 et son effet retard sur les quatre exercices à venir, et conclut par une juste valeur obtenue par cinq méthodes indépendantes.

Consulter la note de recherche NEI-CEDA (NEIC) →

Sources

À lire aussi
Actualités
À qui appartient vraiment l'économie ivoirienne ?
66 ans après l'indépendance : capital étranger, groupes locaux, État, et le chiffre du flottant.
Guides
Terrain à Abidjan ou actions BRVM : que rapporte le plus ?
10 millions placés en 2015 puis en 2020 : le calcul complet, tous frais compris.
Énergie
De la pompe au panneau solaire : TotalEnergies change de modèle
769 francs de chiffre d'affaires au litre, douze francs de bénéfice, et un premier contrat dont l'État ne fixe pas le prix.
Méthodologie et avertissement

Les retraitements et les calculs de ratios sont propres à Ridwan Abdou et détaillés dans la note complète.

Ce document exprime une opinion personnelle à la date de publication. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une sollicitation d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Sur le même titre
Consommation Discrétionnaire
Chiffre d'affaires
5,1−23,7 %
MD FCFA · VAR N-1
PER18,8x
ROE35,4 %
Rendement4,68 %
VOIR LA FICHE SOCIÉTÉ →
NEWSLETTER
Les publications de la semaine, chaque lundi